Aller au contenu

Téléphone : retour sur la légende du rock français

CSTAR/20 H 50 - Auteur de Jean-Louis Aubert intime (Éditions Prisma), Christian Eudeline nous éclaire pour Un autre monde: la story de Téléphone, sur la trajectoire de ce groupe populaire.

Téléphone donne son premier concert en 1976 et se sépare dix ans plus tard. En l’espace d’une décennie, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau ont vendu des millions d’albums et ont écrit, comme le souligne le documentaire, la bande-son de toute une génération: La Bombe humaine, Argent, trop cher, Ça (c’est vraiment toi), New York avec toi

Dès le départ, l’une de leurs forces a été de faire du rock en chantant en français, comme le confirme Christian Eudeline. «Téléphone va proposer des chansons de deux-trois minutes avec des mots qui vont s’adresser aux postadoslescents, qui vont parler aux gens qui sortent de l’école, avant d’entrer dans la vie active. Le groupe crée vraiment quelque chose.» Les concerts s’enchaînent, et le succès accompagne la sortie de chacun de leurs cinq albums studio. Jusqu’à leur dernier 45-tours, en 1986: Le jour s’est levé. «À un moment, quand vous faites des albums qui cartonnent, que vous avez effectué plusieurs tournées en France, rempli plusieurs fois les mêmes salles, vous tournez en rond, observe l’auteur. Téléphone a été victime de son succès. Ça a marché tout de suite et ça n’a jamais cessé. Je comprends qu’il y ait eu une certaine lassitude.» Il ajoute: «Il y a aussi l’envie, pour Jean-Louis Aubert, d’écrire des chansons un tout petit peu différentes. Le jour s’est levé, c’est pas le Téléphone révolté de 1977, c’est pas Métro, c’est trop ou Hygiaphone».

Que dire alors, aujourd’hui, de l’incroyable engouement autour des Insus (ex-Téléphone, sans la bassiste Corine Marienneau)? «C’est normal! C’est la première fois qu’un groupe français qui a eu du succès se reforme. Il a disparu il y a trente ans, au sommet de sa gloire, rappelle-t-il. La réponse du public a été tellement phénoménale. Tout le monde s’amuse, et ils rajoutent des dates à leur tournée. Dans les concerts, la foule connaît les chansons par cœur. J’étais à celui de Rouen et vous vous rendez compte que, enfin, un groupe de rock français est entré dans cette mémoire collective.»

À savoir

Christian Eudeline signe Jean-Louis Aubert intime (Éditions Prisma). «Je cherchais un personnage qui me sortait des années 60. J’ai écrit plusieurs livres, un sur Dutronc, un sur Polnareff, et un autre sur Christophe. J’avais envie de passer à quelqu’un de la génération d’après, confie-t-il. Puis je cherchais un artiste qui avait un peu de carrure, du métier, et que j’apprécie. Enfin, j’essaie de prendre des gens sur qui j’ai de petites infos en plus, qui vont ravir les fans.»