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Lieu de tournage, rédaction des questions, préparation des enfants... tous les secrets d’Au tableau! 

Lieu de tournage, rédaction des questions, préparation des enfants... tous les secrets d’Au tableau! 
Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, entouré des enfants d’Au tableau! sur C8. PIERRE-OLIVIER/© PIERRE-OLIVIER/C8

Pour le septième numéro du programme de C8, diffusé à 21 heures, les écoliers âgés de 8 à 12 ans reçoivent Kad Merad, Christophe Castaner et Christian Estrosi.

En mars 2017, en pleine campagne présidentielle, C8 frappe fort en réunissant (presque) tous les candidats dans Au tableau! Depuis, bon nombre de politiques, de comédiens et de sportifs ont joué le jeu des questions posées par des écoliers âgés de 8 à 12 ans. Ce mercredi soir, ces derniers reçoivent le comédien Kad Merad, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le maire de Nice Christian Estrosi. À cette occasion, nous avons voulu en savoir plus. Caroline Delage, créatrice, auteur et directrice éditoriale, a accepté de répondre à toutes nos questions.

LE FIGARO. - D’où vous est venue l’idée d’Au tableau!?
Caroline DELAGE. - C’est une idée très ancienne qui me tenait à cœur. C’est un mélange de ma vie professionnelle et ma vie privée. En tant que journaliste, notamment politique, j’étais un peu frustrée et lassée d’une parole politique très répétitive et langue de bois. J’ai le bonheur d’avoir une petite fille qui a 10 ans maintenant et qui m’assaille de questions plus impertinentes les unes que les autres. J’étais convaincue que de confronter des personnalités politiques au questionnement assez désarçonnant des enfants, c’était un moyen de leur faire un électrochoc et de leur faire changer de discours, de vocabulaire.

Où a lieu le tournage?
Le tournage a lieu, le week-end, dans une école à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). On ne donne pas le lieu précis car on y retourne à chaque tournage. Les deux premiers numéros ont été tournés à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). C’est très important, et j’y tiens, que le tournage ait lieu dans une école et pas dans un studio. L’état d’esprit ne serait pas du tout le même à la fois pour les enfants que pour les invités. Ces derniers sont en général assez impressionnés de retourner à l’école et de se retrouver face à une classe.

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Caroline Delage.
Caroline Delage. PIERRE-OLIVIER/© PIERRE-OLIVIER / C8

Pourquoi ces deux écoles?
Pour des questions de praticité. On cherchait une école de plain-pied. Il faut également que ce soit suffisamment grand car on prend pas mal de place entre la salle de classe mais aussi toutes les autres salles pour la régie.

Combien de temps dure le tournage?
Le tournage d’une émission avec trois invités prend deux jours, le week-end, pour que les enfants soient libres et que l’école soit disponible. Malgré tout, les invités ne se croisent jamais. Le tournage est très espacé car les enfants ont beaucoup de plages de temps de libre, de récréation.

Les enfants sont-ils les mêmes depuis le premier numéro?
Non, on fait évoluer petit à petit notre classe. On est en casting en permanence puisqu’à chaque numéro, on renouvelle une partie des enfants, la moitié en général. Donc il y a certains enfants qui ne font qu’une seule émission, d’autres qui en font deux, trois maximums.

«On rejette tous les enfants qui veulent absolument faire du cinéma»

Caroline Delage

La classe a-t-elle été réaménagée pour le tournage?
Bien sûr! Elle est décorée, on amène des étagères, des livres, etc. Il s’agit d’une classe de maternelle donc on a dû installer des bureaux un peu plus grands.

Comment sont choisis les enfants?
On cherche des enfants de 8 à 12 ans, curieux, vifs, qui s’intéressent à l’actualité, sans avoir forcément des connaissances encyclopédiques, qui ont une impertinence naturelle, qui ne soient pas trop timides. En général, on rejette tous ceux qui veulent absolument faire du cinéma. On ne cherche pas des enfants comédiens, au contraire, ce qu’on veut c’est de la spontanéité, de la fraîcheur.

D’où viennent-ils?
D’un peu partout de la France mais une majorité de région parisienne. Pour Christian Estrosi, on a fait venir un jeune Niçois mais malheureusement, il y a eu une tempête, il n’a pas pu prendre son avion et il est arrivé après le tournage, ce n’était vraiment pas de chance. On s’attache à ce que les enfants viennent de petites et de grandes villes, de banlieue, de province, qu’ils soient les plus représentatifs possible y compris en termes de classe sociale, de minorités visibles. On essaye également d’accueillir des enfants malades ou en situation de handicap.

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Édouard Philippe.
Édouard Philippe. Xavier Lahache/Xavier Lahache/C8

Comment sont repérés les enfants?
On publie des annonces de casting. Certains directeurs d’école nous en suggèrent également et on est beaucoup passé par les conseils municipaux pour enfants dans certaines villes. Enfin, il y a beaucoup de candidatures spontanées. On contacte une première fois les enfants par téléphone et ensuite moi et les deux journalistes de l’émission les rencontrons pour tester leur curiosité, leur personnalité. Ceux qui sont en province, on les caste par appel vidéo.

Comment sont préparés les enfants à interroger les invités qu’ils ne connaissent pas forcément?
Déjà, je les consulte beaucoup sur qui ils aimeraient recevoir. Quand on leur donne les noms des invités, en général, ils vont se renseigner sur Internet, auprès de leurs parents. Ensuite, quand on prépare l’émission ensemble, je leur donne un maximum d’informations personnelles, privées et publiques sur les invités qu’ils s’approprient soit parce que ça leur inspire une question, soit une idée de cadeau. Avant le tournage, on se voit plusieurs fois. On se voit d’abord en classe entière pour que les enfants fassent connaissance. Puis, par petits groupes, je les vois deux fois, en général le week-end qui précède le tournage.

Qui rédigent les questions?
Les enfants! Je divise la classe en trois. Chaque tiers, soit six ou sept enfants, prépare un invité. Les deux autres tiers ont des questions réellement spontanées et ils interviennent quand ils le souhaitent avec un micro. Et ça tourne. Je prends en note toutes les questions qui leur viennent à l’esprit. Ce sont bien leurs interrogations, c’est tout l’intérêt de l’émission.

«Les enfants ne sont pas rémunérés»

Caroline Delage

Pourtant certaines questions, selon les mots employés, donnent l’impression qu’elles ont été soufflées par des adultes...
C’est notre bataille. On n’arrête pas de leur dire: «Mais n’utilise pas ce langage aussi soutenu. On ne va pas croire que c’est ta question. Parle comme si tu parlais à un camarade de classe». On nous répond: «Mais moi je parle comme ça». Souvent je bannis de leur question des «est-il?» ou «avez-vous?» mais ils m’assurent qu’ils parlent de cette façon.

Possèdent-ils des fiches?
Ils ont sous les yeux un pense-bête pour suivre l’ordre des questions et que ça ne parte pas dans tous les sens. Il m’arrive d’intervenir, je suis la seule dans la classe avec l’invité et les enfants, pour les rassurer, pour leur rappeler où on en est une fois qu’on a pris les questions spontanées. Ce ne sont pas des journalistes L’idée est qu’ils restent concentrés sur l’invité.

Qui les habillent et les coiffent?
Ils viennent avec leur tenue. On a aussi une maquilleuse qui leur met juste un peu de poudre et les recoiffe juste après s’être défoulé dans la cour. En général, ils reviennent tout rouge, tout transpirant. Notre seule consigne est de ne pas porter des vêtements avec des marques.

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Christian Estrosi.
Christian Estrosi. PIERRE-OLIVIER/© PIERRE-OLIVIER / C8

Les cartables et les trousses appartiennent-ils aux enfants?
Oui, ils viennent avec leur propre cartable et trousse.

Les enfants sont-ils rémunérés?
Non parce que ce n’est pas un travail, ils ne jouent pas la comédie. Néanmoins, ils repartent avec des petits cadeaux et tous leurs déplacements sont pris en charge par la production.

Des personnalités vous sollicitent-elles?
Oui, de plus en plus. Des politiques mais pas seulement. C’est une émission qui a fait sa place, bien qu’elle reste événementielle. C’est un rendez-vous que certains aimeraient beaucoup faire.

Comment obtenez-vous toutes ces informations sur les invités?
Il y a un gros travail de recherches en amont. Souvent, les invités sont assez surpris de découvrir le niveau d’information des enfants, sur des choses qui ne sont pas connues du public. Les invités sont contents de faire Au tableau!, leur entourage aussi, donc ils nous font pas mal de confidences.

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